
Vous avez planté un pittosporum kohuhu en espérant profiter d’un parfum envoûtant au jardin, et vous ne sentez rien de particulier au moment de la floraison ? Ce décalage entre la promesse des étiquettes de pépinière et la réalité du terrain est fréquent. Le pittosporum tenuifolium, communément appelé kohuhu, produit bien des fleurs, mais leur parfum reste un sujet de débat parmi les jardiniers. Tout dépend de facteurs que les fiches produit mentionnent rarement.
Parfum du pittosporum kohuhu : une odeur réelle mais très discrète
Le kohuhu fleurit à la fin du printemps. Ses petites fleurs, souvent pourpre sombre, apparaissent en bouquets discrets à l’extrémité des rameaux. Elles se fondent dans le feuillage au point de passer inaperçues si on ne les cherche pas.
Le parfum existe bel et bien. Il est généralement décrit comme légèrement sucré, proche du miel. Certains jardiniers le comparent à une version atténuée de la fleur d’oranger. En revanche, cette odeur n’a rien à voir avec celle d’un jasmin ou d’un lilas qui embaume tout un coin de terrasse.
La nuance tient à un point précis : le parfum est surtout perceptible au moment de l’anthèse, c’est-à-dire quand la fleur est pleinement ouverte. Ce pic olfactif dure peu. Si vous passez devant votre haie à un autre moment de la journée, ou quelques jours après l’ouverture des fleurs, vous ne sentirez probablement rien. Ce n’est pas un parfum « massif » qui se diffuse à distance.
Pour tout savoir sur le pittosporum kohuhu, il faut d’abord accepter cette réalité : son intérêt principal reste le feuillage persistant, pas la fragrance.

Cultivar, taille et exposition : pourquoi certains kohuhu ne sentent rien
Vous avez peut-être un voisin qui jure que son pittosporum embaume le jardin, alors que le vôtre reste muet. Trois facteurs expliquent ces écarts.
Le choix du cultivar change tout
Le genre Pittosporum compte plus de 200 espèces. Parmi elles, le Pittosporum tobira (pittosporum du Japon) est réputé pour ses fleurs blanches au parfum franc et puissant, proche de la fleur d’oranger. Le tenuifolium, lui, joue dans une autre catégorie : son parfum est nettement plus discret que celui du tobira.
Parmi les cultivars de tenuifolium, la variabilité est grande. Les formes à feuillage panaché ou coloré (type ‘Variegatum’, ‘Elizabeth’, ‘Golden Ball’) sont souvent sélectionnées pour leur aspect visuel, pas pour leur capacité à fleurir abondamment. Un cultivar choisi pour la couleur de ses feuilles produit parfois moins de fleurs, donc moins de parfum.
Une taille sévère réduit la floraison
Le kohuhu supporte très bien la taille, ce qui en fait un candidat populaire pour les haies. Le revers de cette qualité : une taille trop fréquente ou trop sévère supprime les rameaux porteurs de boutons floraux. Un sujet taillé en boule compacte deux fois par an a peu de chances de fleurir correctement.
Si le parfum vous intéresse, mieux vaut tailler légèrement après la floraison plutôt qu’avant. Laisser l’arbuste prendre un port plus naturel favorise la formation des boutons.
L’exposition et le drainage font la différence
Un pittosporum installé à mi-ombre dans un sol lourd et humide ne fleurira pas autant qu’un sujet en plein soleil dans un terrain bien drainé. La qualité du drainage reste un critère déterminant : en terrain mal drainé, l’arbuste peut dépérir ou végéter, ce qui réduit mécaniquement la floraison et la perception du parfum.
- Exposition : plein soleil à mi-ombre légère, position abritée du vent froid
- Sol : drainant, pas de stagnation d’eau au pied, même en hiver
- Taille : modérée, après la floraison, pour préserver les futurs boutons

Pittosporum tobira ou tenuifolium : quel arbuste choisir pour le parfum
Si votre priorité est d’avoir un arbuste persistant ET parfumé, le choix du bon pittosporum est la vraie question. Voici ce qui distingue les deux espèces les plus courantes en jardinerie.
| Critère | P. tenuifolium (kohuhu) | P. tobira (du Japon) |
|---|---|---|
| Parfum | Discret, sucré, perceptible de près | Prononcé, fleur d’oranger, perceptible à distance |
| Floraison | Petites fleurs pourpres, fin de printemps | Fleurs blanc crème en bouquets, mai-juin |
| Rusticité | Meilleure tolérance au froid modéré | Plus frileux, préfère le littoral ou climat doux |
| Utilisation | Haies, feuillage décoratif | Massifs, haies parfumées |
Le tobira est le pittosporum à choisir si le parfum est votre critère principal. Le kohuhu, lui, brille par la diversité de ses feuillages (pourpre, argenté, panaché) et sa capacité à former des haies denses et persistantes. Ce sont deux arbustes complémentaires, pas interchangeables.
Floraison du kohuhu : à quoi s’attendre concrètement au jardin
Attendez-vous à des fleurs petites, presque insignifiantes visuellement. Leur couleur sombre (pourpre à brun chocolat) les rend peu visibles dans le feuillage vert ou panaché. C’est un arbuste qui ne fait pas « spectacle floral ».
En fin de floraison, des capsules apparaissent et finissent par s’ouvrir à maturité. Ce détail passe souvent inaperçu mais les graines collantes à l’intérieur des capsules sont caractéristiques du genre Pittosporum, dont le nom signifie littéralement « graine résineuse ».
Pour augmenter les chances de percevoir le parfum, approchez-vous de l’arbuste en fin de matinée par temps calme et ensoleillé. C’est le moment où les fleurs ouvertes libèrent le plus de composés volatils.
- Période : fin du printemps, sur quelques semaines
- Type de fleurs : petites, sombres, regroupées en bouquets terminaux
- Parfum : léger, sucré, miel, détectable uniquement de près
- Fruits : capsules qui s’ouvrent à maturité, graines collantes
Le pittosporum kohuhu reste un excellent choix pour structurer un jardin avec un feuillage persistant et élégant toute l’année. Son parfum est un bonus discret, pas un argument central. Les jardiniers qui recherchent une haie odorante ont intérêt à associer le kohuhu avec un tobira ou un autre arbuste à floraison plus généreuse en fragrance, plutôt que de compter sur lui seul pour parfumer la terrasse.